Faisant suite au projet du collectif grenoblois du même nom, MIG est devenu un groupe de trip-hop mélant l'acoustique, l'electro et les sonorotés berbères, vibrant sous les variations de la subtile voix de la chanteuse Djazia Satour. Malgré son refus d'être le centre d'attention, difficile de résister au chant de Djazia, à son timbre désarmant et ses modulations orientales.
Tour à tour en anglais, en français et en arabe, de reprises ("Concrete Jungle" de Bob Marley et "Bright Ball", reprise de "The Power Of Equality" des Red Hot Chili Peppers) en compositions, Mig passe du trip-hop à la soul en passant par la pop et les chants traditionnels berbères. Les différents parcours des membres de MIG sont en grande partie à l'origine de ce savant mélange. Djazia est passée par la world fusion avec le groupe Gnawa, Mathieu Goust (percussions, batterie, programmation) et Pierre Martin (bassiste, contre-bassiste et programmeur) sont passés par le rock et Stracho a apporté une touche ethnique avec ses origines macédoniennes et c'est tout cela que l'on retrouve dans le dernier album de Mig, Dhikrayat.
Beaucoup de monde s'était déplacé pour venir voir le quatuor à mi-chemin entre Portishead et Susheela Raman, un public conquit qui était plutôt calme mais qui cache bien son jeu, il surprend même la chanteuse en réclamant des prolongations. Une deuxième partie plus apréciée, à l'écoute des commentaires à la sortie du concert, car si la première partie ne permettait pas au groupe de se démarquer clairement d'autres artistes du genre, la deuxième partie, elle, a fait la différence. Les puristes auront juste à déplorer un petit truc qui manque, un je ne sais quoi, qui marquerait définitivement la distance entre MIG et les autres, à suivre...