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L'ESCALADE

La technique d'escalade proprement dite permet de progresser sur le rocher, tandis que les techniques d'assurage parent au danger de la chute.
Contrairement aux apparences, l'escalade est un sport complet et accessible à tous : les structures artificielles d'escalade permettent à chacun d'en faire l'expérience et la variété des mouvements possibles est telle que chacun peut trouver des voies à son niveau.

Quand au vide, on l'apprivoise plus vite qu'il n'y paraît !

LA PRATIQUE

On juge les voies d'escalade selon trois critères  :

• la difficulté : elle est indiquée par la cotation, de 1 (facile) à 9 (le plus dur actuellement).
• l'esthétique : il existe de belles voies (et de moins belles !) dans tous les degrés de difficulté.
• le risque de chute : selon l'équipement en place, la chute potentielle est plus ou moins grande. Même si elle est le plus souvent sans conséquences, c'est un obstacle psychologique important.

Il existe différentes variantes de l'activité :

• l'escalade de bloc : il s'agit de rochers de quelques mètres, tels ceux de la forêt de Fontainebleau. On y grimpe généralement sans corde, mais la difficulté peut être extrême.
• l'escalade sur structures artificielles d'escalade (S.A.E.) : elles permettent aux citadins de pratiquer l'escalade régulièrement.
• l'escalade en falaise , paroi rocheuse équipée dont la hauteur peut aller de quelques mètres à plusieurs centaines. Dans la moulinette, pratiquée sur des voies courtes (10 à 30 m), le grimpeur, assuré depuis le haut par un compagnon, peut " travailler " sa voie sans craindre la chute. Dans l'escalade en tête, le grimpeur est assuré depuis le bas. Si la voie comporte plusieurs longueurs de corde, son compagnon le suit en tant que second de cordée , assuré du haut.
• Le terrain d'aventure  : il s'agit de falaises non sécurisées, où les points d'assurage doivent être installés ou améliorés par la cordée elle-même. On y progresse parfois en escalade artificielle, dans laquelle les points d'assurage servent également à la progression.

Il existe aussi des compétitions, qui se déroulent le plus souvent sur S.A.E.

Le grimpeur se sert uniquement du rocher pour progresser : la corde et les points d'assurage placés dans le rocher ne servent qu'à enrayer les chutes. Les prises rocheuses sont extrêmement variées. Les mains peuvent travailler en adhérence, en pincette, en appui, dans des trous, sur des réglettes, dans des fissures, etc.

Les pieds travaillent soit en adhérence, soit en prenant appui sur la carre (le rebord) interne ou externe, parfois aussi en crochetage du talon. Les mouvements d'opposition permettent d'utiliser des prises verticales : dans une dülfer , les mains et les pieds opposeront leurs forces de part et d'autre d'une fissure ; dans le ramonage d'une cheminée (fissure plus large que le corps), on progressera le dos contre une paroi et les pieds sur l'autre . Les coincements et les verrous consistent à introduire une partie du corps (pied, jambe, main, bras, etc.) dans une fissure et à " bloquer " la position par des pressions opposées .

La force (notamment des bras et des doigts, très sollicités) et la souplesse sont deux qualités essentielles du bon grimpeur, qu'il travaille bien sûr en grimpant, mais aussi en s'entraînant à l'aide d'exercices spécifiques. Beaucoup de grimpeurs installent chez eux un " pan " comportant des prises artificielles, qui leur permet un entraînement journalier.

Par ailleurs, le grimpeur n'a à hisser que son propre poids, mais sur des prises parfois minuscules. De ce fait, le rapport poids-puissance est important : les grimpeurs ont rarement une carrure d'haltérophile !

Une voie d'escalade demande aussi de savoir " lire " le rocher pour deviner quels mouvements requièrent les prises, et ce n'est pas le plus facile. Il faut aussi prévoir des repos : grâce à des positions parfois acrobatiques, le grimpeur peut lâcher les bras et les reposer, y compris dans des passages surplombants.

Les grimpeurs, équipés de harnais, sont reliés par une corde de nylon de 30 à 50 m. Le grimpeur de tête fait coulisser sa corde dans les points d'assurage. Sur les falaises, ces points sont équipés de broches scellées à l'aide de mousquetons. Il est assuré du bas, avec un frein, par le second de cordée : s'il tombe, sa hauteur de chute est le double de la distance qui le sépare du dernier point mousquetonné.

Il n'est pas très rare d'encaisser des chutes de plus de dix mètres , mais le choc de la chute est absorbé par l'élasticité de la corde. Le facteur de chute désigne le rapport entre la longueur de corde absorbant une chute et la hauteur de la chute elle-même. Une chute de 15 mètres, en fin de longueur, sera absorbée par 30 mètres de corde ou plus. Une chute de 1 mètre, directement sur les points d'assurage de relais, sollicitera paradoxalement beaucoup plus le matériel et le grimpeur, et sera donc potentiellement plus dangereuse .

Le rappel de corde est une technique annexe qui permet de descendre une paroi. La corde est placée en double sur un ou de préférence plusieurs points d'assurage. Les grimpeurs descendent l'un après l'autre en utilisant un système de freinage. Quand ils sont parvenus en bas, la corde est " rappelée " en tirant sur un brin. La manouvre, peu difficile en soi mais demandant une grande attention, permet de descendre des parois de grande hauteur.

Dans le terrain d'aventure et l'escalade artificielle, le grimpeur de tête place lui-même les points d'assurage. Il peut s'agir de pitons (enfoncés au marteau dans les fissures et les trous) ou de coinceurs (pièces de métal qui, par leur forme ou grâce à un ressort, viennent se coincer dans une anfractuosité du rocher). Cette pratique demande une grande expérience, et est évidemment plus dangereuse que l'escalade sportive.

LIENS

Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade

 

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