EXPOSITION DES TABLEAUX DE LUCIEN IVORRA |
Lucien Ivorra expose en ce moment au Café l'Ile de Beauté |
| |
 |
Outre le personnage sympathique et chaleureux, il transparaît un côté mystérieux, d'ombre et de lumière, chez ce peintre en recherche. Au delà de la reconnaissance que nécessite un peintre au début de sa carrière, aujourd'hui à 55 ans, il s'obstine encore dans ce qu'il ne connaît pas, dans ce qu'il estime ne pas savoir faire et donc à avoir encore à apprendre et à découvrir. En effet selon Ivorra une fois que l'on rentre en maîtrise de son art, alors on bascule dans l'artisanat d'art et dès lors on perd son statut d'artiste.
|
|
| |
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
INTERVIEW
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- |
| |
| • Ivorra, comment concevez-vous la peinture ?
Egaler la nature est impossible, la main de l'artisan qui à peint une façade c'est quelque chose que tout le monde peut faire ou presque, mais ce qui va être inégalable c'est l'usure du temps et des intempéries. Comme le disait Malraux, l'artiste rivalise avec la nature, et c'est là qu'il est en création, mais l'erreur est de vouloir rivaliser avec Dieu.
Selon moi Georges Braque a réalisé la plus grande œuvre d'art contemporain qu'est "Tire d'ailes". Car elle est semblable à ce que la nature peut réaliser, tel l'usure de la pluie sur la peinture d'un mur. Georges Braque petit fils et arrière petit fils de peintre en bâtiment, artistes peintres et artisans, a hérité de l'expérience de l'artiste peintre du dimanche talentueux et appliqué, et en plus celle de l'artisan honnête et appliqué. Il bénéficie donc de cette double expérience et au travers de "tire d'ailes" et arrive au bout de son art. |
| |
|
| |
Miséréré
Sur ce tableau, Miséréré je suis tout à fait satisfait de la matière, c'est une matière qui donne en vie de la toucher, ici les différences de granulation sont aussi importantes que le graphisme. |
| |
|
| |
Anywhere
Vu d'ici, celle ci est bien éclairée, c'est comme cela que je l'ai peinte.
|
| |
|
| |
Triptyque informel
Ce genre de travail me plait parce que c'est un travail qui n'a pas encore abouti, je suis encore en recherche, et tant que je ne saurai pas faire ce genre de chose, c'est que je ne serai pas dans l'artisanat mais bien encore dans cette recherche artistique. |
| |
|
| |
Berlin 44
Travail avec une connotation politico sociale, puisque je l'ai appelée Berlin 44, on voit sans difficulté la désagrégation de la croix gammée, symbole d'un système détestable. |
| |
|
| |
Paysages désolés
Ici de toutes évidence il y a une influence de Nicolas De Staël.
Celle-ci fait partie d'une série faisant référence à l'après guerre, ce sont des paysages désolés, comme ceux que l'ont trouvait en Normandie et même ici en Provence. Etant né immédiatement après la guerre j'ai été influence parce que mes de mes parents avaient vécu mais aussi parce qu'enfants nous jouions sur les plages encore encombrés de portiques et de blocos. |
| |
|
| |
| |
• Justement quel est votre parcours depuis ces blocos jusqu'au Miséréré ?
Eh bien … c'est toute une histoire de cagettes, d'élastiques, de criées, de papier d'emballage, d'artichauts, de terre, d'odeurs, de boue, de brousailles, de collines, de bord de mer, de solitude, de soleil, de trop de soleil et d'enfance en définitive.
• Vous faites toujours référence à Braque ?
Oui, moi aussi j'ai des origines de travailleur issu du peuple et le but est de toujours cultiver avec cette force et cette simplicité.
• Ivorra, vous disiez que vous n'étiez plus en quête de reconnaissance, donc maintenant vers quoi vous tournez vous ?
Vers l'art… finalement, mais en prenant de l'âge je suis moins pressé, mais la quête ultime, la seule c'est celle de l'amour, vers ce que chaque homme cherche dans sa vie, je cite Brel dans l'homme de la Mancha: "l'inaccessible étoile".
|
| |
|
|