• Pierre-Marc quel est votre parcours ?
Après un passage à l'école Boulle, j'ai reçu une formation d'architecte d'intérieur à la chambre de commerce. L'école Boulle m'a vraiment beaucoup apportée, c'est un constat que j'ai fait au moment ou j'ai commencé à peindre.
• Qu'est ce qui à amené l'architecte d'intérieur à la peinture ?
J'observe les gens pour lesquels je réalise des travaux et je suis en recherche permanente d'harmonie et de paix. C'est avec les mêmes intentions que je conçois mes tableaux. Il y a d'abord un travail mental puis je jette ma gestuelle sur la toile. J'évite tant que possible les couleurs agressives, c'est un reproche que l'on m'a fait, de faire trop tons sur tons, mais c'est voulu. Il existe un mouvement belge minimaliste qui arrive en France agençant des objets anciens avec une image dépouillée des environnements et des tableaux. La plupart des tableaux de ce courant sont excessivement épurés ou carrément abstrait un peu comme ceux que je présente ici entre l'abstrait et le figuratif.
Ce courant qui arrive, se remarque sur les vêtements, les bijoux avec des stylistes comme Deen Van qui font des choses extrêmement japonisantes. J'ai toujours aimé le coté intemporel, je pense que si c'est joli si c'est élégant alors se dégage un côté intemporel et si c'est trop chargé ça date tout de suite.
• Quelles sont vos influences ?
Je m'inspire beaucoup de la culture hindouiste ou japonisante parce que j'aime la simplicité, la sobriété. J'essaye d'arriver à la valeur de l'âme, quand on achète un tableau c'est parce qu'il plait ce n'est pas parce qu'on des connaissances artistiques, cela doit être un coup de foudre. Je pense que la couleur appelle, on dit en physique qu'elle a une vibration, et c'est la recherche de quiétude et de calme qui motive mes choix.
Comme le disait Hubert de Givenchy, rien n'est plus difficile de faire du simple, et lorsque je travaille sur du bois, sur une toile, sur un paysage, au début c'est abstrait, et quand l'oil rentre dans l'ouvre c'est comme un brouillard qui se dissipe, et l'on rentre chaque jour un peu plus dans cette quiétude, cet état de calme.
• Et où allez vous ?
Je pense que dans tout peintre il y a un coté instinctif, comme un cuisinier qui fait son marché et en fonction des aléas de son marché ou de sa vie, il va faire son menu et le peintre c'est la même chose. Donc à travers une ballade on peut rencontrer des éléments intéressants à inclure dans sa construction au niveau des volumes, au niveau graphique, et onl peut décider de les inclure ou pas dans sa toile. Les effets de matière on aussi beaucoup d'importance pour moi.
Le midi est très traditionaliste et tient beaucoup aux couleurs de Cézanne, j'essaye de sortir de ce contexte et d'apporter une fraîcheur et quelque chose de nouveau.
L'important est que le peintre puisse former un déclic chez celui qui n'a pas forcement de culture artistique et que ce dernier puisse être spontané et aimer. Et l'oil du peintre se formant lui aussi continuellement, on n'arrive jamais réellement à son but, on tend vers quelque chose et c'est ça qui fait l'avenir, la construction, le désir, l'envie de continuer. D'ailleurs dans mes tableaux il y a toujours une perspective d'avenir, on va toujours vers une montagne, vers une colline ou vers la mer. |