Expo VEGETAL : rencontre avec Sylvianne Bykowski
Jusqu’au 30 janvier, Sylvianne Bykowski expose sur les grilles du Musée et à la Rotonde du Park hôtel une série de photographies. C’est au plus près des munificences de la nature qu’elle va chercher l’émotion pure de formes et de lumières. Rencontre.
L'inspiration d'une vie
De ses origines ardéchoises, elle garde en souvenir la richesse et la diversité des paysages où la main de l’homme ne semble pas avoir perturbé l’harmonie originelle.
Elle garde surtout les interminables balades avec son grand père Ludovic Chabredier, peintre et archéologue réputé pour son travail sur les grottes ardéchoises, ainsi que les nombreuses visites de musées et de monuments, journées peut-être fastidieuses pour une jeune adolescente, mais qui lui inculqueront une culture de l’image de la lumière et de la matière des choses.
Sa famille s’installant à La Garde, elle va, à l’ombre du Rocher, s’épanouir dans un monde associatif et militant qui correspond à ses aspirations de respect de l’autre et de justice.
Des études d’ethnologie donnent un sens à sa vie et la fréquentation régulière du cinéma d’art et d’essai lui apporte une nouvelle vision de l’esthétique.
Une grande déchirure va amener Sylviane à un dramatique repliement sur elle-même et c’est alors que le matériel photographique hérité de son grand père va lui permettre de reprendre goût à la vie par un travail personnel à la recherche de la beauté du monde qui l’entoure, en commençant prudemment sur les petites choses qui, si on se penche sur elles, révèlent des trésors d’émotions.
L'ascension d'une artiste
Méthodiquement, compulsivement, Sylviane va se pencher sur les fleurs et les herbes pour s’initier à la rigoureuse technique de la photo argentique, encore plus astreignante dans la prise de vue macro photographique.
Chaque photo est unique, aboutissement d’une longue observation pour capter au bon moment l’assemblage de textures et de lumières qui, du réel, nous fait apercevoir l’aura des choses.
Sylviane ose montrer ses épreuves et est surprise de l’accueil qui leur est fait. Elle se risque à participer, depuis son arrivée à Hyères il y a 10 ans, à des expositions collectives, puis son talent étant reconnu, elle accroche seule dans divers lieux de la ville et dans son village de Rochemaure.
Elle s’associe avec Nina Cabanes dans des travaux en miroir : écriture poétique et photos exposées à Brignoles, à la maison du Cygne à Six Fours.
Par curiosité, elle s’attaque à la photo numérique mais sans succomber à la facilité de shooter des séries de photos, elle garde la même rigueur acquise avec l’argentique et chacune de ses prises est unique. « La beauté est partout, il suffit parfois de savoir la saisir, de s’arrêter pour observer, appréhender », souligne-t-elle.
Un travail riche et évolutif
Allant au plus profond des végétaux, elle va progressivement remonter à la surface pour s’intéresser aux objets, aux outils des jardins mais toujours pour en chercher une représentation onirique à travers leur texture révélée par l’ombre et la lumière. « D’un simple caillou à la trace de l’homme sur les murs décrépis, à la ronde amoureuse des libellules, à un baiser partagé, tout m’intéresse » poursuit l'artiste.
C’est par pudeur qu’elle n’ose pas relever le nez sur le monde et se refuse à capter des situations ou des personnages si elle n’a pas d’abord appris à les connaître, à les observer comme elle le fait avec les plantes.
Une expérience d’aide ménagère va lui donner l’occasion de ses dialogues aboutissant parfois à capter la lumière d’un regard.
Sylviane travaille aussi quelquefois en noir et blanc pour des compositions plus graphiques et se laisse aller à oublier son souci de regard juste pour nous entraîner, grâce aux possibilités de retravailler l’image numérique, dans un monde purement poétique à travers ses anamorphoses de simples fleurs devenant des êtres fantastiques dans des compositions surprenantes.
2010 : sa série de palmiers a servi de support à la communication pour la remise des prix du concours des Villes fleuries par le Conseil Régional.
C’est aujourd’hui, grâce à l’enthousiasme de Mme Sciallano, Conservatrice du nouvel Espace Muséal de Hyères, que Sylviane saute le pas pour rejoindre les artistes hyérois reconnus en même temps que ses photos sautent les grilles donnant un avant goût de printemps au pourtour du musée et au cœur de la Rotonde du Park hôtel.
Exposition du 6 au 30 janvier sur les Grilles du Musée et à la Rotonde du Park Hôtel 10h à 12h et 14h à 17h30, sauf lundi, mardi.
Articlerédigé le 10/01/2011 par Christian Brutinel










