Ombres feutrées, figures incertaines
La réelle beauté des toiles données à voir par Christine Renaud jusqu'à fin juin à la Rotonde du Park-Hôtel cachent-elles un message ?
Sous leurs feutres à l'italienne et dans leurs costumes trop amples que dissimulent ces silhouettes méditerranéennes ?
Un monde berlusconisé ou d'improbables citoyens font l'autruche la tête perdue dans l'image de médias sans contenus.
L'élégance des décors esquissés et des postures figées dans des dégradés de tons confortables laissent la sensation d'un plaisir incomplet.
On pourrait s'attendre de la part de Christine à voir pointer une moustache ou sourdre une petite phrase, mais les hommes qui peuplent son décor restent muets, semblent ne pas regarder la réalité en face, trouver un confort dans une sourde et hédonique nonchalance.
Au milieu de ces êtres sans âme, seules quelques volailles pimpantes viennent en contrepoint interpeller le spectateur.
Est-ce là une caricature politique prémonitoire ?