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Fredrika Stahl : l’étoile montante

Fredrika Stahl présentait vendredi soir son dernier album lors d’un concert exclusif au Théâtre Denis. Rencontre avec une artiste accomplie.

fredrika stahl hyeres Tandem a une fois encore frappé fort vendredi soir au Théâtre Denis. Dès 21h, l’excellente première partie du groupe Red Rails programmée par l'association, a vite donné le ton. Aux manettes : Baltazar Montanaro Nagy, violoniste « provençalo-hongrois » accompagné du japonnais Tadahiko Yokogawa, l’un des maîtres de la musique acousmatique réputé pour ses sons innovants. Le résultat : une musique expérimentale, sorte d’ovni musical né de jeux d’improvisation qui crée surprises, plaisir et émotions.

Mais celle que tout le monde attend, c’est Fredrika Stahl, la perle « jazz-pop » suédoise dont les deux premiers albums sont internationalement reconnus. Ce soir, la jeune chanteuse présente « Sweep me Away », son dernier opus sorti en septembre 2010, moins jazzy et plus personnel. Celle qui accompagnait il y a quelques années Herbie Hancok ou Maceo Parker nous livre sur la scène du Théâtre Denis un album pop teinté de jazz, intimiste et très féminin. Sa voix claire et perchée mais toujours chaude et délicate nous ravit l’oreille. On ne se lasse pas d’écouter ses derniers titres ni même ceux qui l’ont rendu célèbre.

Venue de Suède, Fredrika Stahl a grandi en France avant de repartir dans son pays terminer ses études. Elle reviendra dès l’âge de 17 ans et se fera très vite un nom dans la sphère jazz internationale. Son premier album, « A fraction of you », sort en France il y a quatre ans.

Sur scène, tantôt réservée, tantôt dévergondée, Fredrika Stahl est avant tout naturelle et généreuse. Elle n’hésite pas à raconter son parcours tout au long du concert, et terminera d’ailleurs la soirée en interprétant la première chanson qu’elle a écrite « Try again »...

Au final, la jolie blonde n’en finit plus de nous séduire avec des chansons que l’on fredonne longtemps après les avoir écoutées...

Première partie : Red Rails - Album éponyme
www.myspace.com/redrailsproject
Fredrika Stahl - «Sweep me away»
www.myspace.com/fredrikastahl

Avant de monter sur scène, l’étoile montante suédoise a bien voulu répondre à quelques unes de nos questions :

Vos deux premiers albums étaient plutôt jazz, qu’est ce qui vous a donné l’envie d’évoluer vers des mélodies plus pop?

L’indépendance donne peut être un côté plus pop. Au départ, je travaillais avec des musiciens de jazz, en guitare ou piano voix tandis que j’ai passé un an à écrire ce dernier album et à faire des maquettes avant même de le faire écouter à quelqu’un donc il y avait à la base déjà des lignes directives très pop dans ces maquettes.

Comment s’est passé la préparation de cet album justement?

Pour les albums précédents, on entrait en studio et on faisait un enregistrement live. Sur ce dernier album, j’ai déjà travaillé sur les maquettes de mon côté et en arrivant en studio j’avais toutes les sessions, les structures et les tempos. C’est la démarche opposée.

Quelle est la part de culture française dans votre musique?

D’abord tout le métissage de la musique vient d’ici. En Suède il y a une culture très pop, des influences américaines mais globalement ça reste très Suédois. Paris est un point de rencontre pour les musiciens du monde entier. Quand j’ai fait mon deuxième album et que je tournais, j’avais des musiciens japonais, italiens, brésiliens, norvégiens, c’était très cosmopolite et ce ne serait jamais arrivé en Suède. J’aime bien mélanger les différentes cultures musicales. Sur cet album là Eric Lenini, artiste belge, a fait les arrangements de cordes et de cuivres et puis sinon je ne travaille qu’avec des français donc je ne pense pas du tout que ça peut avoir le même son qu’une production suédoise.

Etes-vous autant reconnue en Suède qu’en France?

Non, moins. Dans le jazz oui mais dans la pop non. Je n’ai pas fait énormément de tournées là bas. J’ai besoin de me sentir prête pour y jouer. C’est un peu spécial de jouer chez soi, surtout quand on en est partie.

Vous êtes avant tout chanteuse ou musicienne?

A la base j’étais surtout danseuse. J’ai toujours chanté mais je n’ai jamais vraiment pris de cours de chant. C’est vraiment ici à l’âge de 17 ans que j’ai commencé. C’est fou comme tout est allé très vite. Quand je suis arrivée à Paris, j’ai d’abord fait partie de petites comédies musicales car je dansais et j’ai remarqué que je me retrouvais de plus en plus dans la partie chant. J’avais toujours une frustration en étant danseuse, j’interprétais mais je ne créais pas. Je me retrouve beaucoup plus depuis que je chante, à travers l’écriture et la composition. Je me vois plus comme un auteur compositeur que comme chanteuse.

L’une de vos chansons « Twinkle » connaît beaucoup de succès dans une publicité télévisée. D’où vient cette chanson?

En fait, Twinkle est une reprise de la comptine « A vous dirais-je maman » qui a été commandée pour la publicité. Plusieurs artistes étaient sur le coup et ils ont choisi ma version. Je l’ai complètement déstructurée. Ce n’était pas évident de casser cette comptine car elle est très célèbre dans les pays du Nord mais je me suis beaucoup amusée.

Vous êtes déjà venue ici?

Oui, on a joué l’an dernier aux voix du Gaou. A Avignon aussi mais c’est la première fois que je viens à Hyères.

Avez-vous une habitude avant de monter sur scène?

Oui, je n’ai pas de tic ou de choses que je suis obligée de faire mais je me maquille. Plus que du maquillage, c’est le moment où je suis toute seule et je me prépare. Personne ne me dérange. C’est un moment de concentration qui me met en condition pour la scène. Sinon, je m’échauffe et j’essaie de ne pas réfléchir. Il faut que je mange aussi, je déteste avoir faim sur scène.

Article publié le 21 mars 2011 par Julie Gruhier

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