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C’est dans un théâtre au complet que débute la troisième édition des Faveurs de Printemps. Pour commencer la soirée, le public accueille le musicien français Mathis, qui s’apprête à jouer en solo quelques morceaux à la guitare.
Très souriant et enjoué, il met tout de suite les spectateurs à l’aise. Quelques paroles chaleureuses, et le public se prend au jeu, il tape des mains et semble partager l’enthousiasme communicatif du chanteur.
Au fil des morceaux, Mathis revisite la musique du sud-est des Etats-Unis, d’une voix chaude au coffre puissant. A ses influences blues viennent se greffer d’autres références musicales, mélange à la fois simple et riche qui nous offre un petit voyage coloré et rafraichissant.
Très « show man », il fait rire et participer les spectateurs, et tente plusieurs fois de les faire se lever. Au final, il réussira même à faire chanter quelques personnes dans le public. Une agréable parenthèse musicale qui nous aura fait apprécier le cadre intimiste et convivial des concerts au théâtre Denis. |
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Shannon Wright arrive sur scène sans égards ni artifices, accompagnée par ses deux musiciens. Ce soir là, de nombreux spectateurs sont venus remplir le petit théâtre hyérois. La chanteuse américaine a visiblement su s'attirer les faveurs d'un public fidèle et enthousiaste.
Le concert commence en douceur au piano, avec quelques titres bercés de mélancolie, mais au sein desquels on sent bouillir une révolte sous-jacente. Au travers de quelques morceaux, dont le terrible « Defy this love », Shannon Wright nous révèle le visage d'une écorchée vive, habitée par la violence et la passion. Une impression que l'on doit à son interprétation au piano autant qu'à sa manière de chanter... D'une voix éclatante mais aussi poussée à l'extrême, qui accroche les émotions et semble sortir de ses tripes.
C'est ainsi qu'elle se dévoile, sans pour autant instaurer un réel échange avec le public. Tête baissée et paupières closes derrière une épaisse mèche de cheveux, elle s'enferme dans sa bulle, aussi peu complice avec ses musiciens qu'avec les spectateurs. Une attitude déstabilisante qui relève sans doute plus du malaise que d'un éventuel mépris. Après quelques chansons, Shannon Wright quitte son piano pour interpréter une série de morceaux plus rock à la guitare électrique. Commence alors une prestation explosive et incandescente. Toujours portées par sa voix brute et poignante, les compositions se font minimales, mais abrasives et terriblement efficaces. La chanteuse se met en transe, et laisse éclater sa révolte sur des sonorités acérées qui semblent fendre l'air.
Qu'ils soient captivés ou troublés par ce tumulte d'émotions viscérales, les spectateurs ne peuvent rester indifférents. Pourtant, l'artiste continue de garder ses distances et reste trés lointaine. Et c'est là toute la force de son interprétation... En effet, elle ne s'exprime pas mais explose littéralement sur scène, dans une musique déchaînée, laissant entrevoir l'ampleur de sa violence, mais aussi de son talent.
C'est finalement dans un climat quelque peu apaisé qu'elle décide de terminer le concert. De nouveau seule au piano, elle interprète une dernière chanson empreinte de mélancolie, devant une foule attentive qui l'écoute avec ferveur.
Shannon Wright s'en ira comme elle est venue, sans un regard ni une parole pour son public ... Lui laissant juste l'impression d'une douche glacée. |