SEB MARTEL ET JEANNE BALIBAR & LES PONI HOAX
Le 12 Avril 2007 au Théâtre
Denis - Programmé par Tandem et les Affaires Culturelles
de la ville d'Hyères |
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C’est avec réserve et simplicité que Seb Martel inaugure cette nouvelle édition des Faveurs de Printemps. Une entrée en matière à l’image de ce jeune musicien, nature et discret, malgré un talent déjà reconnu et de nombreuses collaborations prestigieuses.
C’est donc en douceur que le public pénètre dans son univers atypique et poétique, qui se prête si bien au cadre intimiste du théâtre Denis.
Dès les premières notes, l'oreille du spectateur est interpellée par des sonorités singulières. L’artiste module sa voix et son souffle pour créer de nouvelles résonances, il explore des textures sonores inattendues. Un univers musical qui semble avoir été travaillé et modelé consciencieusement par cet artisan en quête d'un ailleurs instrumental palpable. Un domaine qui pourrait bien se situer à la frontière entre les grands espaces américains et l’imaginaire de l’artiste. Car c’est bien un parfum de songe qui se dégage de ces compositions musicales envoûtantes, habitées d’étranges voix lointaines et de paroles mystérieuses. Certains textes semblent chuchotés à l'oreille même du spectateur.
De temps en temps, un instrument ou la voix du chanteur s’élève, sur un rythme de fond hypnotique et langoureux, pour ajouter à l’harmonie générale l’expression d’une émotion qui colle à la peau.
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Après avoir plongé les spectateurs dans son univers feutré, Seb Martel commence à s’ouvrir au public. Un rideau tombe par erreur et voile la moitié de la scène, il en profite pour tourner l’anecdote en dérision. Le musicien rêveur des premiers morceaux laisse place à un jeune homme malicieux et spontané, qui tente en vain de faire se remuer quelques centaines de spectateurs confortablement installés dans leurs fauteuils. Qu’importe, le plaisir communicatif qu’il prend à jouer sur scène semble renforcé par la complicité qu’il partage avec ses deux musiciens.
Comme influencé par ce changement d’humeur, le petit groupe interprète ensuite des morceaux beaucoup plus rythmés qui contrastent avec la langueur des premières compositions. L’univers si particulier de l’artiste reste intact, tandis que ses arrangements aux influences blues, rock et folk côtoient des textes légers qui sonnent juste. Dans son titre Motus, Seb Martel chante entre autres “ils se perdent les mots / dans une voix sans issue”, et nous prouve par là même qu’il maîtrise l’art du langage avec rythme et poésie. Tout comme il excelle en tant qu’explorateur instrumentiste, nous offrant un voyage épatant sur la planète Martel.
Un début de festival marqué par l’authentique personnalité de ce cowboy des temps modernes et par ses compositions fraiches comme une bouffée d’air pûr. A découvrir sur scène. |
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Dès son entrée en scène, Jeanne Balibar surprend par son charisme et sa présence scénique.
Elle arrive maquillée sobrement, coiffée avec simplicité et vêtue d’une longue robe verte, fraîche et élégante.
La première chanson qu’elle interprète nous plonge brusquement dans un tout autre univers. Elle chante « Je me mutile / c’est bien utile / pour attirer / ton attention », les paroles de Cinéma, l’un des titres de son dernier album. Se contenter de dire qu’elle chante serait d’ailleurs insuffisant, elle semble vivre le texte physiquement, habitée et vertigineuse. Un début de concert surprenant qui transporte violemment le spectateur dans l’univers brut et singulier de la chanteuse. L’accompagnement musical se fait discret, il s’efface pour mieux laisser résonner sa voix grave et pénétrante.
A voir Jeanne Balibar chanter sur cette scène hyéroise particulière, on ne peut s’empêcher de penser à sa carrière d’actrice de théâtre. Un peu trop peut-être. Au fil des chansons, elle se glisse avec une aisance déconcertante dans la peau des différents personnages qui l’habitent, en fonction des thèmes abordés.
Surprenante également, la facilité avec laquelle elle abandonne son jeu entre chaque morceau. De nouveau simple et naturelle, elle adresse alors une parole ou un sourire discret aux musiciens.
Et puis brusquement, la musique change de ton et l’univers mélancolique des premières chansons laisse place à une tonalité rock plus puissante, délicieusement interprétée par les Poni Hoax.
Chaque morceau possède son propre univers, et la voix de Jeanne Balibar se module en fonction de l’intonation qu’elle veut prendre. Son phrasé particulier, qui n’aide pas toujours à la compréhension des paroles, s’accorde harmonieusement avec le rythme de la musique.
Dommage que la chanteuse ne se défasse pas d’une sorte de nonchalance que l'on finit par trouver un peu surfaite, et qui atteint son paroxysme lorsqu’elle allume une cigarette avant d'entonner Diable, l’un des titres phares de son dernier album.
On peut également regretter qu’elle n’ait pas profité du cadre particulier du petit théâtre pour instaurer un réel échange avec le public, au profit d’un jeu de tragédienne certes habitée mais un peu surjoué.
Jeanne Balibar n’en reste pas moins une personnalité mystérieuse qui occupe l’espace scénique avec grâce et sensualité. Une artiste charismatique dont on ne saurait dire avec certitude si elle est un peu trop actrice ou tout simplement entière. |
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LES PHOTOS
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SEB MARTEL |
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JEANNE BALIBAR & LES PONI HOAX |
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