Hyères et la Slava Rossii
Le musée d’Hyères présente l’exposition « Slava Rossii, quand la Russie croisait dans les eaux d’Hyères ». Gros plan sur cette dernière curiosité qui met une nouvelle fois à l’honneur la Russie.

Un peu d’histoire
Le 3 novembre 1780, la Slava Rossii, un navire russe, perd le contact avec son escadre alors qu’il longe la côte de Provence afin de gagner Livourne. Dans la nuit, victime des caprices de la mer, le vaisseau dérive puis s’échoue sur les roches de l’île du Levant. Les habitants ne peuvent que constater la catastrophe. Le lendemain, les secours venus d’Hyères leur portent assistance. Onze hommes périssent… les 446 autres sont sains et saufs. En 1957, les premières fouilles débutent. Objets de la vie courante, armes, vaisselle : le trésor que renferme la Slava Rossi est colossal.
Les vestiges de la Slava Rossii exposés
« La Slava Rossii constitue l’un des rares vestiges modernes. La plupart des épaves du musée datent de l’époque antique », explique Martine Sciallano, commissaire de l’exposition et conservateur du musée d’Hyères. D’où l’importance de cette exposition. Les icônes retrouvées sur la Slava Rossii représentent, par ailleurs, un intérêt considérable, bien plus que les canons et autres objets. « Les russes avaient pour tradition d’apporter durant leurs périples des icônes pour pouvoir prier et avoir une protection. Les Français n’emportent qu’une croix ou une statue de la Bonne Mère », explique Martine Sciallano. Les pièces de cette exposition orneront le futur musée archéologique de la ville d’Hyères qui ouvrira ses portes en 2013. Au finale, une soixantaine d’épaves retrouvera une seconde jeunesse au sein de ce temple dédié à l’art et à la culture. Cette présentation est à la fois un hommage rendu aux fouilleurs et au couple Turcat qui a publié les icônes. Elle « a été conçue en coopération avec le Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines, le musée national de la Marine de Toulon et Max Guérout fondateur et vice-président du GRAN ainsi qu'avec les enfants de Francine et Jean-Noël Turcat », indique la commissaire.
2.000 visiteurs attendus
Ces pièces sorties des eaux ont déjà conquis entre 350 et 380 visiteurs au moment de l’inauguration. L’objectif est d’attirer plus de 2000 curieux, qui pourront apprécier le travail de fourmis accompli par les quatre employés du musée. Ces derniers n’ont pas ménagé leurs efforts pour mener à bien ce projet. « Les services techniques, notamment le service menuiserie, nous ont beaucoup aidé : sans eux l’exposition n’aurait pas eu lieu », tient à souligner Martine Sciallano. A travers ses expositions de préfiguration, l’équipe entend donner au grand public un avant-goût de ce qu’il pourra admirer dans le musée. « Nous avons par ailleurs prévu de faire quelque chose d’homogène en termes de graphisme », annonce Martine Sciallano. Une équipe de spécialistes en scénographie et en signalétique sera ainsi recrutée pour réaliser ce travail. Prochaine grande aventure pour l’équipe : L’Olbia médiévale, qui sera présentée au public l’année prochaine.
L’exposition est visible à la Rotonde du Park Hotel, du 16 septembre au 28 novembre 2010, de 10h à 12h et de 14h à 17h30, sauf lundi, mardi et jours fériés. Tél. : 04 94 00 78 42. Email : musee@mairie-hyeres.com
Article posté le 29/09/2010 publié par Louisiane Champagne-Orsal


A gauche : Bataille de Tchesme Peint par J. Voler - A droite : Premieres plongees sur l'epave de la Slava Rossii en 1957 © Dr Delonca


Photos gauche et droite : © Ville de Hyères