Sophie Hunger : l'affranchieUn an après son passage à Hyères dans le cadre d’une tournée européenne triomphale, Sophie Hunger nous présente son nouvel album « 1983 » sur la scène du Théâtre Denis. Un concert intense d’une qualité rare...
Une chose est sûre : à 27 ans, Sophie Hunger n’est désormais plus « Le secret le mieux gardé de la scène musicale suisse ».
Quelles sont vos inspirations ? Comment le public français a t-il accueilli ce deuxième album sur scène ? De manière incroyable. L’an dernier, c’était déjà très intense, mais ça a pris beaucoup d’ampleur. Hier soir, nous étions à Marseille. C’était la première fois que nous jouions là bas. C’était incroyable : à un moment, le public s’est levé et ne s’est jamais rassis, il est presque venu jusqu’à la scène. C’est peut être parce qu’on est dans le sud, les gens sont plus intenses. Ils pouvaient être parfois très bruyants, puis très silencieux quand il le fallait. C’était fou. Votre interprétation de la chanson de Noir Désir « Le vent nous portera » est très intense, très personnelle. Pourquoi avez-vous choisi de reprendre cette chanson ? Lorsque j’étais adolescente, j’écoutais tout le temps Noir Désir avec les copains dans la voiture. A l’époque, on ne parlait pas bien français et on ne comprenait pas les paroles mais on adorait ce que ces chansons dégageaient. J’ai toujours senti qu’il y avait quelque chose d’universel dans ce qu’ils chantaient. Plus tard, quand on a commencé à jouer, on a fait plusieurs reprises comme « Avec le temps » de Léo Ferré ou « Ne me quitte pas » de Jacques Brel, puis on a voulu reprendre « Le vent nous portera ». Je ne réalisais pas vraiment à l’époque ce que je faisais en reprenant cette chanson mais ma relation avec elle était très saine, très naturelle. J’avais un avantage en la reprenant. Je ne connaissais pas grand chose de Noir Désir, je n’avais même pas l’album où se trouvait la chanson. Je voulais l’interpréter de la façon dont je la ressentais, de manière moins rythmée, plus classique peut être. Puis on a commencé à la jouer de temps en temps il y a 3 ans. Nous l’aimions tellement qu’elle est devenue « notre » chanson. Et pour moi aujourd’hui, même si je sais qu’elle ne m’appartient pas, c’est un peu « ma » chanson. Quels sont les artistes français que vous appréciez ? Camille est l’une des artistes que je préfère. Elle est très très talentueuse. Elle a cette folie mais elle a aussi énormément d’idées. Elle est très forte. J’aime aussi le jazzman Eric Truffaz. Avez-vous un rituel avant vos concerts ? Je ne prends pas de drogues... Il y a une chose qui commence à devenir une habitude. Nous chantons tous ensemble une cantate de Bach. Chaque musicien du groupe doit apprendre une voix et en coulisse, avant chaque concert, nous chantons Bach. Puis nous montons sur scène. Un nouveau projet d’album ? Pas pour l’instant. Jusqu’à la fin de l’année, je suis en tournée. Puis j’espère que je trouverai un peu de temps et d’espace pour oublier tout et me reposer ! Article posté le 29/10/2010 publié par Julie Gruhier
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On l’avait connu en pleine ascension, on la retrouve à l’apogée de son art : Sophie Hunger a une nouvelle fois livré une prestation musicale impressionnante jeudi soir au Théâtre Denis. Des sonorités nuancées, une voix envoutante, tantôt fragile, tantôt explosive, la chanteuse nous transmet les émotions à l’état brut. L’effet est immédiat : le public adhère, touché par tant de naturel, transporté dans l’univers feutré de la jeune Suissesse. Multi-instrumentaliste, Sophie Hunger passe avec talent du piano à la guitare, de l’anglais à l’allemand... Sans oublier son interprétation très personnelle et magistrale de la chanson de Noir Désir « Le vent nous portera », dont on ne se lasse pas... Sophie Hunger ne ressemble décidément à personne. Elle invente sa musique et sait s’affranchir d’autres influences. En osmose permanente avec ses musiciens, la chanteuse excelle et on en re-demande : deux rappels en tout, histoire de prolonger cet instant musical intense et généreux. A la sortie du concert, l’émotion est palpable, l’enthousiasme aussi. 














