DE MAURICE DUPERRIER A TIBULLE
Les amis de Tibulle vont se réunir une nouvelle fois à l’occasion d’un bistrot poétique proposé ce vendredi 20 mai à partir de 19h au Moulin des Contes.
Maurice Duperrier disparu voilà trois ans a laissé à beaucoup l’image d’un poète plein d’humour et hédoniste, attentif à chacun et d’une imagination débordante dont il savait avec jubilation régaler les autres.
Né en décembre 1940 à Saint-Tropez, il vit son enfance et sa jeunesse sans trop de contrainte auprès de sa mère, dans les ruelles de la cité corsaire ou sur la grève de la Ponche. Son esprit d’indépendance ne le quitta pas lorsqu’il entra pensionnaire au Lycée Jean Aicard, où, de 1952 à 1959, il sut allier camaraderie, rêverie, guitare et réussite scolaire.
C’est en 1960 qu’il rencontre Maryvonne en hypokhâgne à Dumont D’Urville. Il l' épouse avant qu’ils ne partent ensemble pour des postes de pions au lycée d’Arles. Ils préparent en même temps une licence de lettres à Montpellier, et oublient de temps en temps Brassens pour faire un bœuf avec des musiciens Manouches. Malgré la naissance de sa fille Nathalie, en 1961, il part faire son service militaire de 1962 à 63.
Le poète prend son envol
En 1964, il part guitare en bandoulière passer deux ans de bohème au Brésil où il découvre la Bossa Nova. C’est cette ambiance brésilienne qu’il rapporte pour animer pendant un an à St -Tropez le Saravah restaurant créé par Maryvonne. Puis son virus des voyages le pousse à se faire employer comme steward sur les longs courriers d’Air France.
Retraité à 50 ans, il se pose quelques années à Grimaud avant de revenir en 1999 à Hyères où il rejoint et anime l’équipe d’atelier d’écriture du Hyérographe.
Il apporte sa pierre au Moulin
L’ouverture en 2001 du Moulin des Contes (à deux pas de la rue Franklin où il réside), dont il deviendra l’un des piliers, lui donne l’occasion de reprendre sa guitare et de faire profiter de son talent les habitués des soirées qui s’y déroulent.
Avec la complicité de Pierre Guillotton, il crée rue Franklin les éditions du Paratonnerre et lance l’EAD (Ecriture A Domicile), formule originale d’atelier d’écriture par correspondance. Enfin, tantôt juré, tantôt concurrent, il participe toujours activement aux concours de nouvelles lancées par Lire à Hyères.
Mais bientôt la camarde l’approche, et si l’humour persiste, la lassitude ternit l’ironie de son regard avant qu’il ne nous quitte en avril 2008.
Les mots de l’amitié
C’est pour retrouver son plaisir des mots, oscillant entre San Antonio et Saint John Perse, et les souvenirs de voyages qui lui ont un temps donné l’envie de faire le tour du monde, que ses amis du Hyérographe et de Lire à Hyères ont préparé un bistrot poétique suivant la formule qu’il avait contribuée à mettre en place : alternance de temps de gourmandises et de poésie.
Après un verre de cocktail brésilien en pot d’accueil, c’est la carte des bistrots parisiens qu’il affectionnait et dont pourront profiter les convives de cette soirée.
" On pourra pour pas cher lorsque sonne huit heures
Avec un coup de blanc quoi de meilleur en somme
Après l’œuf dur, l’hareng et le saucisson beurre
Goûter le camembert ou bien la tarte aux pommes. "
Bistrot poétique
Vendredi 20 mai à partir de 19h
Au Moulin des contes 3bis, rue du Puits
Participation au verre de l’amitié 5€ restauration bistrot à la carte
Article mis en ligne par Christian Brutinel le 17/05/2011





